La vallée du Rift est-africain, qui s'étend du Mozambique à l'Éthiopie, constitue l'un des écosystèmes les plus dynamiques du continent en matière de biodiversité. Cependant, cette richesse écologique s'accompagne de risques sanitaires considérables, notamment aux points de contact entre la faune sauvage et le bétail domestique. Une équipe de recherche coordonnée par l'ILRI (International Livestock Research Institute) a récemment publié une cartographie détaillée de ces interfaces à risque. L'étude, qui a mobilisé des équipes de terrain dans cinq pays — Kenya, Tanzanie, Éthiopie, Ouganda et Rwanda — a identifié 47 zones de contact prioritaires où les interactions entre faune sauvage et bétail sont particulièrement intenses. Les analyses sérologiques ont révélé la circulation active de la fièvre de la vallée du Rift, de la brucellose et de plusieurs souches de Mycobacterium bovis résistantes aux antibiotiques conventionnels. Le Dr Delia Grace, épidémiologiste principale à l'ILRI, a déclaré que « ces résultats confirment que les politiques de santé animale ne peuvent plus être élaborées sans prendre en compte la dimension écologique ». Elle a notamment insisté sur la nécessité d'intégrer les données de surveillance de la faune sauvage dans les systèmes d'information sanitaire nationaux. Grâce à un financement de la Fondation Bill & Melinda Gates, un tableau de bord en temps réel a été déployé, permettant aux autorités vétérinaires de six pays de partager instantanément les alertes épidémiologiques. Ce système représente une avancée majeure dans l'opérationnalisation de l'approche One Health en Afrique de l'Est.